L’accès à la propriété n’a jamais été une vocation. Chaque jour désormais, je m’en rends compte davantage. L’idée même ne m’effleurait guère auparavant, ce n’est que poussé dans le dos et charmé par la masure que je finis par m’y résoudre. Pas à contre coeur, non, loin de là, mais…
Etrange d’ailleurs cette sensation d’inconnu qu’est le principe de propriété. Je n’avais jamais été propriétaire de rien si ce n’est peut-être de mes vêtements. La notion du “c’est à moi” m’échappe encore alors que la notion d’intimité, de protection de mon intimité m’est profondément ancrée. Peu de gens viennent chez moi, et encore pas (trop) longtemps, je me sens toujours presque violé par cette intrusion volontaire et admise. Je n’aime pas cela, les voir évoluer dans mon intime, dans ce qui est moi vraiment, à nu. Ils ne doivent pas trop bouger, aller là uniquement où j’admets leur passage, ne pas ouvrir de portes fermées à dessein afin de protéger du regard de la vue et du toucher ce qu’ils pourraient briser en moi. Et pourtant, malgré cela, je ne me sens propriétaire d’aucun objet, d’aucun bien, de rien.
Passer le cap fut une étape, pas tant capitale, je l’admets, mais importante, néanmoins. Sortir de l’étude du notaire, gavé de félicitations de toutes parts ne me rendait pourtant pas euphorique, cela symbolisait simplement la volonté de continuer et de construire ensemble quelque chose. Nous décidions de nous armer pour parer aux difficultés liées à la rénovation. Difficultés trop concrètes, trop réelles pour mon besoin d’évasion.
Je n’avais pas envie de cela, bouffer de la poussière, m’interroger sans cesse sur la qualité des choix posés (même si jusqy’à présent les choix furent bons), croiser quotidiennement au réveil une armada d’ouvriers venant gâcher, week-ends inclus, les moments de douceur que nous voulions nous créer.
Mais le cap est passé et les travaux sont en voie d’achèvement.
Que les vacances qui s’annoncent aient le bonheur de recréer ces moments rien qu’à nous.
Je t’aime…
27 juin 2008
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